En perte de vitesse, le parti au pouvoir au Japon est aussi en quête d’un nouveau président

L’élection, mercredi 29 septembre, du président du Parti libéral-démocrate (PLD, au pouvoir), appelé à succéder au premier ministre, Yoshihide Suga, qui ne se représente pas, conclut une campagne en apparence plus ouverte qu’à l’accoutumée. Elle s’est, en effet, quelque peu détachée du traditionnel théâtre des factions – ces regroupements autour d’hommes forts du parti – et est plus féminine, puisque deux des quatre candidats sont des femmes.

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La direction du parti a fait ce choix en partant du constat d’une perte de crédibilité du PLD dans l’opinion, le taux de soutien du gouvernement sortant ne dépassant plus les 30 %. Ce niveau inquiète à l’approche des élections législatives de novembre, notamment chez les élus les plus jeunes et non affiliés aux factions.

Ce faible taux de soutien traduit le mécontentement des Japonais à propos de la gestion erratique de l’épidémie de Covid-19 et de la situation économique du pays, où la pauvreté et la précarité augmentent en raison de la pandémie. Il se nourrit d’un sentiment de déconnexion des dirigeants par rapport aux attentes de la population, par exemple avec leur obstination à organiser les Jeux olympiques de Tokyo, malgré l’opposition des Japonais. « Si le PLD s’était contenté de laisser jouer la logique des factions, il aurait couru le risque de perdre de nombreux sièges aux législatives », estime Etsushi Tanifuji, de l’université Waseda.

Discussions avec les adhérents

La campagne a été ponctuée de multiples débats. Quatre journées de discussions en ligne, entre le 21 et le 26 septembre, se sont ainsi tenues avec une centaine d’adhérents choisis au hasard. Retransmises sur YouTube, elles ont permis d’aborder un vaste éventail de sujets : pandémie, questions énergétiques dans un pays en quête d’une stratégie pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, menace chinoise, réforme de la Constitution, économie et enjeux de société comme la place des femmes et des personnes LGBT.

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Les élus et adhérents du parti conservateur devront se prononcer en gardant à l’esprit les sondages qui placent Taro Kono, actuel ministre de la réforme administrative et responsable de la vaccination contre le Covid-19, favori du scrutin. Considéré comme la « personne la mieux à même » d’être premier ministre par 46 % des personnes interrogées, entre le 23 et le 25 septembre, par le quotidien économique Nihon Keizai, l’élu du département de Kanagawa, au sud de Tokyo, fils et petit-fils de figures du PLD, est connu pour sa liberté de parole – dont il use sans modération sur Twitter – et sa maîtrise de l’anglais. Soutenu par M. Suga, il défend un agenda économique plutôt libéral, même s’il prône une société « chaleureuse », le maintien du nucléaire et le mariage homosexuel.

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Source : Le Monde.fr

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