Tokyo est le plus gros producteur de déchets en Asie. Ce n’est guère étonnant dans un pays qui a jeté huit millions de tonnes de plastique en 2020. Les deux seules autres villes au monde qui produisent plus de déchets, New York et Mexico, sont elles aussi des mégapoles – des villes environnementalement « malades » avec leurs propres problèmes de pollution et de trafic automobile (« Energy and material flows of megacities », Christopher A. Kennedy et al., Proceeding of the National Academy of Sciences, n°112/19, 2015).

En réalité, les Tokyoïtes sont proportionnellement des pollueurs relativement modestes dans la mesure où ils vivent dans la plus vaste agglomération du monde. En 2021, chaque personne ne mettait en moyenne à la poubelle « que » 0,73 kg de déchets par jour. A première vue, la menace que font peser les déchets sur la croissance économique est imminente. Il n’y a qu’à songer aux montagnes d’ordures qui s’entassent à Bombay ou à New Delhi pour avoir la preuve – et une métaphore – de la façon dont les déchets congestionnent et freinent une économie.

En revanche, l’approche adoptée par Tokyo pour gérer les ordures peut être symbolisée par le tout nouveau site de traitement des déchets installé dans la baie de Tokyo, le New Sea Surface Disposal Site, un complexe soigneusement construit où les déchets des vingt-trois arrondissements sont collectés, traités et réduits en cendre et en poussière avant d’être enfouis. La ville affiche un taux de recyclage respectable de 20,8 %, soit près de deux fois celui de la Malaisie.

Une action forte sur le recyclage

Face à l’énorme quantité de déchets produits par la population japonaise, le gouvernement a accentué ses efforts de recyclage. Les entreprises qui ont jeté plus de 5 tonnes d’objets en plastique – classés en douze catégories, parmi lesquels les cintres, les brosses et les couverts de table – entre 2021 et 2022 devront en réduire l’utilisation.

Cette campagne concernera d’abord les marchés, restaurants et hôtels, mais les entreprises de plus petite taille sont encouragées à leur emboîter le pas. Ces directives ont commencé à être mises en œuvre par les autorités municipales à partir d’avril 2022. Au premier plan économique, politique et culturel du pays, Tokyo se veut déjà une championne de la soutenabilité, et espère devenir à l’avenir une ville zéro déchet.

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A quoi ressemblera un avenir sans déchets ? La municipalité de Mexico, par exemple, autorise ses résidents à échanger leurs déchets recyclables contre des bons qui peuvent être ensuite utilisés pour acheter des produits frais.

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Source : Le Monde.fr

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