Au Japon, une adoption mortelle

La maison de Naoko Takai, à Takatsuki (Japon), dans la préfecture d’Osaka, le 22 février 2022. En juillet 2021, cette quinquagénaire avait été retrouvée noyée dans sa baignoire.

Rin Takai restera à jamais un mystère. Soupçonné du meurtre de sa mère adoptive, Naoko Takai, 54 ans, le jeune homme de 28 ans a mis fin à ses jours, le 1er septembre, au centre de détention du quartier de Fukushima, à Osaka, dans l’ouest du Japon, laissant une note à ses parents biologiques : « Pardon de partir avant vous. »

Pour la police, sa disparition ruine un an d’enquête ayant conduit à son arrestation, le 25 août. Pour les proches de la victime, cette mort anéantit toute possibilité d’éclaircir ce qui s’est réellement passé le 23 juillet 2021 au domicile de Naoko Takai, dont le corps a été découvert trois jours plus tard, gisant dans son bain. « La cause directe de la mort est la noyade. Quelqu’un lui a attaché les poignets avant de lui enfoncer la tête sous l’eau », ont conclu les policiers.

Pour les enquêteurs, le coupable serait Rin Takai, dont le parcours, documenté par les posts sur son compte Instagram, suivi par 10 000 personnes, révèle un séducteur sans scrupule, adepte d’une vie pied au plancher des Lamborghini qu’il aime tant.

Né sous le nom de Matsuda à Kawasaki, au sud de Tokyo, le jeune homme suit des études brillantes à la prestigieuse université Kwansei Gakuin, à Nishinomiya. Bel athlète, il s’illustre au sein de l’équipe de football américain de l’établissement, au point d’être sélectionné au niveau national.

Intrigante réussite

Une fois diplômé, le jeune homme est recruté par l’assureur Prudential, en novembre 2018. D’emblée, ses performances dépassent les attentes. Le courtier accumule les contrats, en particulier auprès des femmes. Parmi elles, Naoko Takai.

La cinquantaine, célibataire, elle vit seule dans une grande maison d’un quartier cossu de Takatsuki, une ville voisine d’Osaka. Cadre d’une banque qu’elle a rejointe, en 1989, après des études de littérature anglaise à la très sérieuse université pour filles Notre-Dame, à Kyoto, elle dispose de revenus confortables. « Elle était plutôt réservée, mais elle menait une belle carrière avec une solide éthique de travail », a expliqué un de ses voisins à la télévision japonaise. « Elle prenait bien soin de sa mère, qui souffre de démence sénile », a indiqué la gérante du salon de coiffure qu’elle fréquentait. Sportive, Naoko Takai aime aussi sortir, notamment dans les karaokés – elle interprète volontiers Yasashii akuma (« adorable démon »), du groupe Candies.

Lire aussi : Japon : le meurtrier de sept personnes à Tokyo en 2008, condamné à mort, a été exécuté

Bientôt, elle évoque auprès de son entourage la fréquen­tation d’un « homme plus jeune ». Rin Matsuda ? Une chose est certaine, c’est à cette époque que le cadre de Prudential la convainc de souscrire une assurance-vie pour un montant de 100 millions de yens (environ 719 000 euros). Un nouveau succès pour le courtier qui accumule les commissions, s’affiche en Balenciaga et emménage dans un appartement de luxe.

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Source : Le Monde.fr

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