Covid-19 : au Japon, le gouvernement accusé de répondre de manière désordonnée et tardive

Le premier ministre japonais Yoshihide Suga présente la réforme de la législation sur la santé publique au Parlement, à Tokyo, le 18 janvier. Le premier ministre japonais Yoshihide Suga présente la réforme de la législation sur la santé publique au Parlement, à Tokyo, le 18 janvier.

En dépit de la proclamation, mercredi 13 janvier, de l’état d’urgence à Tokyo et sa grande banlieue ainsi que dans sept départements rassemblant plus de la moitié de la population et représentant 60 % du PIB, les Japonais semblent réticents à suivre les directives gouvernementales.

Pris de court par l’inquiétante vague de contaminations au Covid-19 qui touche le pays, le premier ministre Yoshihide Suga doit soumettre au Parlement, dont la session ordinaire a ouvert lundi 18 janvier, une réforme de la législation sur la santé publique permettant de poursuivre ceux qui n’obtempèrent pas aux mesures de lutte contre la propagation du virus.

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Les Japonais, pourtant respectueux des gestes barrières, sont-ils soudainement devenus indisciplinés au point qu’il faille les menacer de sanctions ? Sans doute pas. Mais ils ont perdu confiance dans un gouvernement dont les atermoiements, les réactions tardives voire contradictoires les dissuadent de suivre les consignes, en particulier les restrictions de déplacements. Et ils ont baissé la garde.

Les JO, une priorité pour le gouvernement

Selon un sondage du 12 janvier de la chaîne de télévision publique NHK, 79 % des personnes interrogées estiment que le gouvernement agit trop tardivement face au coronavirus et ne fait que privilégier l’économie. Un autre sondage, de l’agence de presse Kyodo News, indique un pourcentage analogue de personnes favorables à un report (45 %) ou une annulation (35 %) des Jeux olympiques. La tenue des Jeux est une priorité proclamée par le gouvernement mais elle suscite le scepticisme même parmi les membres du cabinet. « Tout peut arriver », déclarait récemment Taro Kono, le ministre de la réforme administrative. Sur cette question également, le gouvernement n’est pas en phase avec l’opinion.

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Relativement épargné par la pandémie – 4 400 décès et 320 000 contaminations –, l’archipel connaît depuis novembre une troisième vague d’infections. Les infections quotidiennes dépassent aujourd’hui les 7 000 contre moins de 4 000 à la fin décembre.

Cette hausse a pour corollaire une accélération de l’afflux des malades dans les hôpitaux : 68 321 personnes étaient traitées pour le Covid-19 le 16 janvier contre 37 187 au début du mois. Lors des deux vagues précédentes, ce chiffre n’avait pas dépassé 14 000. A Tokyo, le taux d’occupation des lits pour les malades les plus graves dépasse 100 %. Selon une enquête réalisée en décembre par la société japonaise de traitements des AVC, 18 % des hôpitaux, contraints à augmenter les capacités d’accueil des malades du Covid, « restreignent les soins » aux personnes victimes de problèmes cardiovasculaires, voire refusent de les prendre en charge.

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Source : Le Monde.fr

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