En visite à Tokyo, Mike Pompeo cherche à conforter un front antichinois

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo et le Premier ministre japonais Yoshihide Suga à Tokyo, le 6 octobre.

Sous la houlette du secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, les participants au dialogue quadrilatéral de sécurité, dit « Quad », ont adressé mardi 6 octobre à Tokyo un message de défiance à la Chine. « Il est plus que jamais essentiel de collaborer pour protéger nos peuples et nos partenariats contre l’exploitation, la corruption et la coercition du Parti communiste chinois », a lancé M. Pompeo, fidèle à la ligne − et au ton − fixés par le président américain, Donald Trump. Il a par ailleurs appelé à institutionnaliser le « Quad », à l’ouvrir à d’autres pays et en faire une véritable structure sécuritaire.

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Moins directs, ses homologues, l’Australienne Marise Payne, l’Indien Subrahmanyam Jaishankar et le Japonais Toshimitsu Motegi, ont néanmoins insisté sur la création d’une région « indopacifique libre et ouverte », expression clé de l’inquiétude suscitée dans les quatre pays par l’attitude de la Chine sur les questions territoriales en mers de Chine orientale et méridionale ou à Hongkong.

Egalement consacrée à la cybersécurité, au terrorisme et à la Corée du Nord, la rencontre était une priorité pour Mike Pompeo. Sa tournée en Asie devait le conduire en Corée du Sud et en Mongolie. Ayant choisi de l’écourter en raison des inquiétudes sur la santé de M. Trump, il n’a conservé que l’étape japonaise. « Les États-Unis sont déterminés à promouvoir le Quad, une tentative manifeste de contrer l’influence croissante de la Chine », estime Katsuji Nakagawa, éditorialiste du quotidien Nihon Keizai.

Coopération diplomatique et sécuritaire

La rencontre de Tokyo est la deuxième de niveau ministériel du « Quad » après celle de septembre 2019 à New York. Ce format a vu le jour en 2004 pour coordonner l’aide humanitaire après le tsunami en Asie du Sud-Est avant d’évoluer, en 2007, sous l’impulsion notamment de l’ancien premier ministre japonais, Shinzo Abe, vers une coopération diplomatique et sécuritaire, vite considérée par Pékin comme une tentative de le contenir. Inquiets pour leurs liens avec la Chine, l’Australie et l’Inde avaient pris leurs distances avant de s’en rapprocher vers la fin des années 2010.

En septembre, l’Inde a signé avec le Japon un accord dans le domaine militaire. Elle l’avait fait en juin avec l’Australie. Canberra souhaite de son côté participer aux manœuvres navales baptisées « Malabar » organisées par les États-Unis, l’Inde et le Japon.

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La réunion du 6 octobre semble aussi indiquer un durcissement envers la Chine des orientations diplomatiques du nouveau premier ministre nippon, Yoshihide Suga. Tokyo doit ménager ses intérêts économiques étroitement dépendants de son voisin mais refuse de céder sur le contentieux autour des îlots disputés de Senkaku-Diaoyu.

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Source : Le Monde.fr

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