Funérailles d’Elizabeth II : la venue de l’empereur du Japon reflète la solidité des liens entre les deux monarchies

L’empereur du Japon Naruhito et l’impératrice Masako, samedi 17 septembre 2022, à l’aéroport Haneda, à Tokyo, peu avant leur départ pour Londres où il assisteront aux funérailles de la reine Elizabeth II. L’empereur du Japon Naruhito et l’impératrice Masako, samedi 17 septembre 2022, à l’aéroport Haneda, à Tokyo, peu avant leur départ pour Londres où il assisteront aux funérailles de la reine Elizabeth II.

La présence, lundi 19 septembre, du couple impérial japonais aux funérailles de la reine Elizabeth II traduit l’importance des relations entre les deux monarchies. L’empereur Naruhito et l’impératrice Masako ont fait le déplacement – leur premier hors du Japon depuis leur accession au trône en 2019 –- car « la famille royale britannique et la famille impériale japonaise ont entretenu des relations amicales pendant les soixante-dix ans de règne de la reine Elizabeth », selon le porte-parole du gouvernement, Hirokazu Matsuno.

Au fil de ses sept décennies de règne, la souveraine britannique a connu l’empereur Hirohito (1901-1989), son fils Akihito (né en 1933, et qui a abdiqué en 2019), et désormais Naruhito. Le monarque nippon a observé trois jours de deuil à l’annonce du décès de la reine, et a exprimé sa « gratitude » et son « estime » pour « ses nombreuses réalisations et contributions ».

Un empereur ne fait traditionnellement pas d’apparitions aux funérailles, au Japon ou à l’étranger. La décision de se rendre à Londres reflète la solidité des liens entre les familles royale et impériale, qui remonte au début de la modernisation du Japon pendant l’ère Meiji (1868-1912).

« Modernisation » à la britannique

Dès 1869, le prince Alfred, deuxième fils de la reine Victoria (1819-1901), effectuait une visite dans l’archipel. Par la suite, les membres de la famille impériale japonaise, à la tête d’une nation insulaire comme leurs homologues du Royaume-Uni, se sont souvent inspirés de la monarchie britannique pour « moderniser » leur comportement.

La visite de trois semaines en Angleterre, en 1921, de Hirohito, alors prince héritier, aurait en effet convaincu le futur souverain de délaisser les tenues traditionnelles nippones pour des costumes, « made in » Savile Row, à Londres, rue réputée pour ses tailleurs. Il s’est aussi laissé séduire par le petit-déjeuner jambon-œufs-toasts, au détriment du riz et de la soupe miso.

« Je considère le roi George V comme mon second père », expliquait l’empereur Hirohito en 1961

Ses trois jours au palais de Buckingham, sont restés un souvenir impérissable : « J’étais avec le roi George V, et il m’a appris, comme à son fils, le prince de Galles et futur roi Édouard VIII, comment être un monarque constitutionnel. Je considère le roi George V comme mon second père », expliquait-il en 1961.

L’abolition, en 1924, du système des concubines, en place pour accroître le nombre d’héritiers mâles, l’instauration de la monogamie et le renforcement des liens familiaux, auraient été également inspirés par le fonctionnement de la famille britannique.

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Source : Le Monde.fr

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