Une voiture Tesla en charge à Pékin, en juin 2023. Une voiture Tesla en charge à Pékin, en juin 2023.

Quel est le meilleur industriel de l’automobile au monde ? Il y a dix ans, la réponse aurait fusé immédiatement chez les experts : c’est Toyota. Durant des décennies, le constructeur japonais a imposé au monde entier sa méthode de production construite sur l’amélioration permanente des processus de production.

En 2010, Elon Musk, le patron de Tesla, qui se débat pour sortir son entreprise des pertes chroniques et produire en masse ses voitures, se tourne naturellement vers le numéro un mondial et adopte son « monozukuri », l’art de fabriquer les choses. Un accord est conclu entre le trublion et le roi japonais. Toyota investit 50 millions de dollars (45,8 millions d’euros) pour prendre 3 % de Tesla et lui cède son usine californienne, qu’il avait construite avec son ancien partenaire General Motors. Modeste et avisé, Akio Toyoda, le patron de l’époque, assure que cette alliance permettra à son entreprise d’apprendre de l’esprit entrepreneurial de Tesla.

« Nous devons apprendre d’eux »

Le 2 juillet, le quotidien japonais Nikkei nous apprend que l’élève a dépassé le maître. Toyota va adopter les techniques de fabrication de carrosseries en aluminium mises au point par Tesla. Sur une voiture traditionnelle, il faut près d’une centaine de points de soudure pour former le squelette de la voiture. Avec les machines de moulage géantes d’aluminium, comme celle utilisée pour le modèle Y de Tesla, le corps de la voiture n’est constitué que de deux pièces. L’économie est considérable.

« Tesla est le leader des voitures électriques, nous devons apprendre d’eux », reconnaît un dirigeant de Toyota cité par le Nikkei. Une humilité qui n’a pas toujours été de mise. En 2016, sous la pression des ingénieurs persuadés qu’ils n’avaient rien à apprendre sur la voiture électrique de ces Californiens, Toyota a revendu sa participation. Dommage, elle vaudrait, aujourd’hui, plus de 20 milliards de dollars.

C’est ce même voyage à Canossa qu’ont entrepris Ford, General Motors, Volvo et Rivian aux Etats-Unis, en adoptant le standard de chargeurs de batteries et le réseau de recharge de Tesla. Volkswagen devraient faire de même. Eux qui doutaient fortement de la capacité du constructeur à monter en cadence industriellement ne peuvent que constater que la firme a dépassé ses objectifs de vente et de production, avec près d’un demi-million de voitures sur le seul deuxième trimestre. Celle-ci devrait produire 2 millions de véhicules cette année, contre 1,2 million en 2022.

Et les plus rapides et pragmatiques dans cette course pour la rattraper ne sont pas les Japonais, mais les Chinois, utilisant déjà les procédés de Tesla qui intéressent tant Toyota. Une reconnaissance qui est aussi une menace.

Source : Le Monde.fr

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