A Hiroshima, le retour de la menace nucléaire dans les conflits inquiète

Le premier ministre japonais, Fumio Kishida, prononce un discours lors de la cérémonie organisée pour le 77e anniversaire du bombardement d’Hiroshima, à Hiroshima, le 6 août 2022. Le premier ministre japonais, Fumio Kishida, prononce un discours lors de la cérémonie organisée pour le 77e anniversaire du bombardement d’Hiroshima, à Hiroshima, le 6 août 2022.

La cérémonie du 77e anniversaire du bombardement atomique sur Hiroshima, le 6 août 1945, s’est déroulée cette année sur fond de crainte du retour à l’arme nucléaire et de la volonté du premier ministre japonais, Fumio Kishida, d’agir pour la disparition de ces armes. Organisée comme à l’accoutumée devant le cénotaphe érigé en souvenir des 140 000 victimes du bombardement, la cérémonie, samedi 6 août, a réuni 3 000 personnes, dont des hibakusha (survivants) et les représentants de 98 pays.

La Russie et la Biélorussie n’étaient pas invitées en raison du conflit en Ukraine. L’ambassadeur russe, Mikhail Galouzine, avait néanmoins fait le déplacement le 4 août et déposé une gerbe sur le monument. S’il a salué « l’attitude positive de la Russie envers la réduction des armes nucléaires », il a « regretté » de ne pas avoir été convié à la cérémonie.

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Son pays a été la cible de critiques du maire d’Hiroshima, Kazumi Matsui. Dans sa traditionnelle déclaration pour la paix, ce dernier a dénoncé l’attitude de « certains [qui] en viennent à menacer d’utiliser les armes nucléaires », en référence aux déclarations du président russe Vladimir Poutine, peu après l’attaque de l’Ukraine, le 24 février. Egalement présent, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est inquiété des « crises à forte connotation nucléaire » qui « se propagent rapidement, du Moyen-Orient à la péninsule coréenne en passant par l’invasion de l’Ukraine par la Russie ». Pour M. Guterres, l’humanité « joue avec un pistolet chargé ».

Une grue de papier

Quant à M. Kishida, il a déploré que la dynamique de réduction des arsenaux soit enrayée. La question lui tient à cœur pour des raisons personnelles. Sa famille est originaire d’Hiroshima, ville dont il est aussi député. Et, dans sa jeunesse, il a été sensibilisé au bombardement par sa grand-mère. La lutte pour la disparition des armes nucléaires apparaît de ce fait indissociable de son action. Ministre des affaires étrangères de 2012 à 2017, il s’est démené pour la venue à Hiroshima, en mai 2016, de Barack Obama, premier président américain en exercice à rendre hommage aux victimes de la bombe atomique.

Depuis son arrivée à la tête du gouvernement en octobre 2021, Fumio Kishida poursuit sa mission. Malgré le scepticisme de son entourage, craignant qu’il ne se positionne sur une question aux résultats incertains, le premier ministre s’est rendu le 1er août à New York à l’ouverture de la conférence de révision du traité de non-prolifération (TNP). Pour lui, cet accord signé en 1968 présente le double avantage d’avoir déjà contribué à la réduction des arsenaux et de réunir à la fois les pays dotés des armes nucléaires et ceux qui n’en ont pas.

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Source : Le Monde.fr

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