Pour les Japonais, le bilan des Jeux paralympiques contrasté entre performances et crise sanitaire

Le Japonais Shingo Kunieda célèbre son titre olympique en tennis fauteuil, samedi 4 septembre, à Tokyo. Le Japonais Shingo Kunieda célèbre son titre olympique en tennis fauteuil, samedi 4 septembre, à Tokyo.

La cérémonie de clôture des Jeux paralympiques (JP) organisée dimanche 5 septembre célébrait un monde « où resplendit la différence ». De son titre, « cacophonie harmonieuse », les Japonais pourraient ne retenir que l’aspect cacophonique, tant les Jeux olympiques (JO) et paralympiques présentent un bilan contrasté, le tout assorti d’une mini-crise politique, le premier ministre, Yoshihide Suga, ayant choisi le 3 septembre de renoncer à ses fonctions.

Côté performances, le Japon peut se réjouir de la réussite de ses athlètes. Après avoir glané 27 titres aux JO, un record, ils ont décroché une cinquantaine de médailles aux paralympiques, dont 13 en or. Parmi leurs succès figure celui du phénomène Shingo Kunieda, vainqueur d’un troisième titre olympique en tennis fauteuil – après ceux de Londres en 2012 et de Pékin en 2008, qui s’ajoute à ses 45 victoires (en simple et en double) dans les tournois du Grand Chelem. Les Japonais ont aussi pu applaudir leurs joueurs de Boccia ou de rugby fauteuil. La cycliste Keiko Sugiura a « oublié [s]on âge » pour devenir à 50 ans la plus âgée des para-athlètes japonais médaillés d’or.

Les Jeux paralympiques ont commencé dans une chaleur extrême, ravivant la polémique sur l’organisation de l’événement en cette saison. Puis la pluie et une étonnante fraîcheur pour la fin août à Tokyo ont permis aux athlètes de respirer. Organisées sans spectateurs, les épreuves ont connu un réel succès télévisuel. La chaîne publique NHK a assuré 540 heures de diffusion, dépassant les 500 heures réalisées à Londres en 2012, et 23,8 % des Japonais ont regardé la cérémonie d’ouverture.

Mauvaise gestion de la pandémie

Cette large couverture pour des compétitions d’un niveau jugé « stupéfiant » par Craig Spence, le porte-parole du Comité international paralympique, fait même espérer un changement de la perception du handicap dans la société. « Peut-être que nous n’avons pas l’environnement parfait pour l’accessibilité, mais il ne fait aucun doute que nous verrons une amélioration. C’est le pouvoir des Jeux paralympiques, qui sont devenus un catalyseur du changement dans la société », veut croire Hisashi Nakaminami, membre japonais du comité d’organisation.

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La fête a toutefois été ternie par la forte dégradation de la situation sanitaire dans l’Archipel, donnant une impression de détachement d’une réalité nippone marquée par une forte hausse des cas quotidiens de Covid-19, passés de 4 225 le 23 juillet à 24 962 le 26 août, avant d’amorcer un lent reflux. Les hôpitaux ont vite été débordés. Un athlète paralympique gravement atteint s’est vu refuser l’accès à un hôpital, qui préférait accorder la priorité aux patients locaux.

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Source : Le Monde.fr

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