Au Japon, les attaques d’ours affamés se multiplient

Un groupe de chasseurs patrouille après une attaque d’ours à Toyama (Japon), le 16 novembre 2023. Un groupe de chasseurs patrouille après une attaque d’ours à Toyama (Japon), le 16 novembre 2023.

Une véritable psychose des attaques d’ours se répand au Japon. Deux cent douze personnes ont été agressées entre avril et novembre dans 193 attaques de ces puissants mammifères. Six sont mortes, a fait savoir vendredi 1er décembre le ministère de l’environnement nippon. Ce bilan, le plus lourd depuis le début de l’enregistrement de ces données en 2006, est attribué aux évolutions démographiques et climatiques de l’archipel.

L’importance du phénomène a poussé le ministère à dépêcher des experts et à débloquer des fonds pour aider les autorités locales à surveiller les ours et à mettre en place des mesures de sécurité. « L’important est de maintenir les ours à distance. Nous demandons aux gens de faire attention à leurs ordures et à bien ranger les fruits tels que les kakis afin de ne pas les attirer », a expliqué le ministre de l’environnement, Shintaro Ito.

Soixante-dix pour cent des attaques ont eu lieu dans le nord-est du pays, principalement dans les préfectures d’Iwate et d’Akita. Dans la ville d’Akita, les enfants se rendent à l’école munis de clochettes dont le tintement est censé éloigner les ours. Des établissements scolaires interdisent de jouer à l’extérieur. Nombre d’habitants emportent une bombe lacrymogène à poivre. La préfecture d’Akita offre 5 000 yens (31 euros) aux chasseurs pour chaque ours abattu. Et les appels à la prudence se multiplient concernant les activités de montagne.

Eté exceptionnellement chaud

Le Japon abrite deux espèces d’ours. Les ours bruns vivent sur la grande île du Nord, Hokkaido, et les ours noirs d’Asie sur l’île principale de Honshu et sur celle de Shikoku (Ouest). Après avoir été longtemps chassés, ces mammifères bénéficient depuis 1990 de mesures de protection. Ils commencent à hiberner en novembre ou en décembre, jusqu’en avril ou en mai. Il y aurait près de 15 000 ours dans tout le Japon, selon des données gouvernementales de 2014, les dernières disponibles. Chaque année, plusieurs milliers sont pris dans des pièges ou chassés ; 2 600 l’ont été en avril et en août. Des exercices sont régulièrement organisés pour sensibiliser à l’attitude à avoir si un ours est signalé près de chez soi.

Pour hiberner, les ours doivent avoir accumulé suffisamment de gras à travers la consommation de glands de chêne japonais (mizunara) et de faines, le fruit du hêtre. Or, l’été a été exceptionnellement chaud et sec dans tout le Japon avec des « températures considérablement supérieures » aux normales de saison, d’après l’Agence météorologique du Japon. La moyenne de 2023 a dépassé de 1,76 °C les normales habituelles. Jamais l’écart n’avait été si important.

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Source : Le Monde.fr

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