La mairie de Tokyo délivre ses premiers certificats d’union de même sexe

Le Japon franchit un nouveau pas vers la reconnaissance des couples homosexuels. La mairie de Tokyo a remis, mardi 1er novembre, ses premiers certificats d’union à des personnes de même sexe qui vivent ou travaillent dans la capitale japonaise.

Une mesure attendue depuis longtemps dans l’archipel, le seul pays du G7 à ne pas reconnaître les unions de même sexe, sa Constitution disposant que « le mariage ne peut avoir lieu qu’avec le consentement mutuel des deux sexes ».

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Les certificats de la ville de Tokyo permettent aux partenaires LGBTQ+ d’être traités comme des couples mariés pour certains services publics liés au logement, à la santé ou à la protection sociale. La mairie d’arrondissement de Shibuya, quartier branché de Tokyo, a été la première au Japon à proposer un tel certificat, en 2015. Plus de deux cents municipalités ou autorités locales ont suivi depuis.

Ces certificats sont loin de conférer les mêmes droits qu’un mariage légal, mais le nouveau statut proposé par la mairie de Tokyo représente néanmoins un progrès pour Miki et Katie, deux femmes qui pendant longtemps n’ont disposé d’aucune attestation officielle de leur vie commune.

Majorité favorable au mariage pour tous

« Ma plus grande crainte était que nous soyons traitées comme si nous étions étrangères l’une à l’autre en cas d’urgence », explique à l’Agence France-Presse Miki, une Japonaise de 36 ans, aux côtés de sa petite amie américaine Katie, 31 ans. Sans certificat, chacune avait l’habitude de glisser une note dans son portefeuille avec les coordonnées de l’autre. Au cas où…

En date du 28 octobre, 137 couples avaient déjà demandé un certificat d’union, a déclaré la semaine dernière Yuriko Koike, la gouverneure de Tokyo. Les espoirs sont grands que la délivrance de tels certificats, qui s’appliquent à la fois aux résidents de Tokyo et aux personnes vivant en banlieue mais travaillant dans la capitale, aidera à lutter contre la discrimination anti-LGBTQ+ au Japon.

Ces dernières années, le Japon, dirigé par un parti de droite conservatrice, a fait de petits pas en vue de l’acceptation de la diversité sexuelle. Un sondage réalisé en 2021 par la télévision publique NHK a montré que 57 % des personnes interrogées étaient favorables au mariage homosexuel, 37 % y étant opposées.

Mais le chemin s’annonce encore long sur le plan juridique. En juin dernier, un tribunal d’Osaka (ouest) a débouté trois couples de même sexe qui avaient porté plainte contre l’Etat, jugeant que la non-reconnaissance du mariage gay n’était pas contraire à la Constitution. A l’inverse en 2021, un tribunal de Sapporo (nord) avait lui estimé que la situation actuelle violait le droit à l’égalité garanti par la Constitution.

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Le Monde avec AFP

Source : Le Monde.fr

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